Depuis un an, gaz, électricité et carburants pèsent davantage dans les arbitrages des ménages. Derrière les pourcentages se cache une réalité très concrète : le reste à vivre, cette part du revenu disponible une fois le logement, l’énergie, les assurances et les remboursements payés.
01 · TARIFS
Une pression faite de mouvements successifs
La période récente n’a pas été marquée par un seul choc uniforme, mais par une succession de mouvements tarifaires et fiscaux. Les tarifs réglementés de l’électricité ont été maintenus globalement stables au 1er août 2025. Au 1er février 2026, la CRE a de nouveau parlé de stabilité moyenne, avec une évolution de −0,83 % TTC. Elle a ensuite proposé une hausse moyenne de 2,5 % TTC au 1er août 2026, sous l’effet notamment des coûts de réseau et des rattrapages tarifaires.
Un changement structurel s’est ajouté à ces mouvements : l’ARENH a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, les fournisseurs s’approvisionnent sur les marchés, par contrats directs ou grâce à leurs propres moyens de production. Les prix de gros jouent donc un rôle plus direct dans la composante « approvisionnement » des offres, même si les mécanismes de régulation et le lissage des achats limitent une transmission immédiate de chaque variation.
Sources : CRE, mouvements tarifaires d’août 2025, février 2026 et août 2026.
Le gaz a lui aussi quitté la phase d’accalmie observée auparavant, tandis que le renforcement des obligations liées aux certificats d’économies d’énergie alimente les coûts supportés par les fournisseurs. Une partie de ces charges peut se retrouver dans le prix final de l’électricité, du gaz ou des carburants. Pris isolément, chaque mouvement paraît limité. Cumulés, ils rendent le budget énergétique plus difficile à anticiper.
02 · RESTE À VIVRE
Une pression réelle, mesurée de plusieurs façons
En 2023, l’Observatoire national de la précarité énergétique estime que 3,1 millions de ménages modestes — soit 10,1 % des foyers — consacraient plus de 8 % de leur revenu disponible à l’énergie du logement. Une étude plus récente de l’Insee, fondée sur une autre méthode, évalue à 17,4 % la part des ménages vulnérables au titre du logement en 2021.
Sources : ONPE 2025 ; Insee Analyses 2025 ; Insee Première n°1530.
Ces chiffres racontent des situations différentes mais convergentes : restriction du chauffage, travaux repoussés, épargne de précaution réduite ou projet immobilier recalibré. Le phénomène est particulièrement sensible lorsque le logement et la mobilité se cumulent.
03 · MOBILITÉ
Le carburant prolonge la facture au-delà du logement
Pour les ménages dépendants de la voiture, le prix à la pompe constitue une charge difficilement compressible. Les données publiques montrent de fortes disparités locales et des prix dépassant ponctuellement deux euros le litre à la fin de juillet 2026. Dans les secteurs périurbains, l’éloignement des bassins d’emploi transforme parfois un logement moins cher en choix quotidien plus coûteux.
Le prix du litre ne représente d’ailleurs qu’une partie de l’équation : assurance, entretien, pneus, stationnement et renouvellement du véhicule s’ajoutent au carburant. Rapportés à deux actifs et à plusieurs centaines de trajets annuels, quelques kilomètres supplémentaires peuvent peser durablement sur le reste à vivre.
04 · CHOIX RÉSIDENTIEL
Habiter loin, se déplacer cher : l’arbitrage change
S’éloigner des centres pour gagner des mètres carrés reste parfois pertinent. Mais l’économie réalisée à l’achat doit être comparée au coût cumulé des trajets sur vingt ou vingt-cinq ans : carburant, entretien du véhicule, péages, stationnement et surtout temps contraint.
Un couple dont les deux actifs travaillent dans des directions opposées n’a pas la même équation qu’un ménage proche d’une gare ou bénéficiant de télétravail. C’est pourquoi les moyennes départementales ne suffisent plus : la décision doit intégrer chaque adresse professionnelle et chaque mode de transport réellement envisageable.
Plus loin, plus grand
- Prix au m² souvent plus bas
- Surface et extérieur plus accessibles
- Trajets et voiture plus coûteux
- Plus forte sensibilité au carburant
Plus proche, plus compact
- Prix au m² souvent plus élevé
- Surface plus contrainte
- Transports et services accessibles
- Temps quotidien potentiellement réduit
05 · VALEUR VERTE
Le DPE s’invite désormais dans le prix
Le diagnostic de performance énergétique est devenu un critère de négociation. Les études notariales montrent que, toutes choses égales par ailleurs, les logements performants se vendent généralement plus cher et les logements très énergivores moins cher. L’écart varie fortement selon le type de bien et la tension du marché local ; il peut atteindre des niveaux à deux chiffres pour certaines maisons classées F ou G.
Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire utilisé par le DPE est passé de 2,3 à 1,9. Le ministère estime qu’environ 850 000 logements, principalement chauffés à l’électricité, peuvent ainsi sortir du statut de passoire énergétique sans travaux. Cette évolution rappelle qu’une étiquette doit toujours être lue avec sa date, sa méthode et les caractéristiques réelles du bâtiment.
L’effet exact dépend du territoire, du type de logement, de son état et du coût des travaux. Source : Notaires de France, valeur verte des logements, transactions 2024.
06 · DÉCIDER AUTREMENT
Anticiper plutôt que subir avec CityZenZen
CityZenZen est né précisément à l’intersection de ces contraintes. Le guide identifie les secteurs franciliens réellement compatibles avec une surface indispensable, une fourchette budgétaire et jusqu’à deux trajets domicile-travail, chacun avec son propre mode : transports en commun, voiture, vélo ou marche.
Les micromarchés proposés peuvent être comparés, documentés dans un rapport PDF et confrontés à une simulation de financement. L’objectif n’est pas de désigner une ville idéale pour tout le monde, mais d’aider chaque foyer à trouver le meilleur équilibre entre habitat, mobilité et reste à vivre.
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SOURCES
Références et méthode
- Méthodologie CityZenZen — données, calculs et limites
- CRE — tarifs réglementés au 1er août 2025
- CRE — tarifs réglementés au 1er février 2026
- CRE — proposition tarifaire au 1er août 2026
- CRE — fin de l’ARENH et nouveau cadre d’approvisionnement
- ONPE — Tableau de bord de la précarité énergétique 2025
- Insee — Vulnérabilité énergétique liée au logement, données 2021
- Insee Dossier Île-de-France n°11, juillet 2026 — La vulnérabilité énergétique des ménages franciliens
- Insee Première n°1530 — logement et déplacements
- Notaires de France — valeur verte, transactions 2024
- Ministère de la Transition écologique — évolution du calcul du DPE en 2026
- Ministère de l’Économie — prix des carburants
Les indicateurs présentés utilisent des champs, seuils et millésimes différents. Ils donnent des ordres de grandeur et ne doivent pas être lus comme une série chronologique homogène.